Thứ Năm, 28 tháng 4, 2016

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LA VIE DES ELEVES AU LYCEE

Iconographie : Nguyên So Dông, Vinh Tùng, GNCD, et © Archives Nationales de France


Cette vie ressemble à celle de tous les lycées du monde : horaires, études, punitions, récompenses, récréations, devoirs à la maison, interrogations écrites, sorties etc. A ceci près que comme pour nombre de lycées, l’internat existait dans notre lycée, au moins jusqu’au début des années 1950.

INTERNAT
Nombreux étaient les élèves internes avant 1950, dormant donc au lycée, et ce, pour beaucoup de raisons:
-       parents vivant à l’étranger (cas des nombreux Cambodgiens et Laotiens de l’Indochine française de l’époque, auxquels s’ajoutaient jusque dans les années 1930 des Thaïlandais, et quelques étrangers dont les parents travaillaient à Saigon: Japonais, Chinois etc.
-       parents vivant au Vietnam dans d’autres villes (cas par exemple des fonctionnaires affectés ailleurs) 
Les internes étaient contrôlés par des surveillants la nuit, sur place. Ils disposaient d’heures de sortie libre en fin de semaine, réintégrant le lycée vers 18h. Deux anciens élèves de 2 époques très différenciées (début des années 1920 et fin des années 1940), Vuong Hông Sên, et Christian Passagne, ont raconté divers aspects de cette vie d’interne dans La Lettre de JJR et dans « Le temps des flamboyants » tome 1.

HORAIRES

Ils ont varié au cours des années, mais grosso modo, les plages 8h-12h et 14h-17h étaient prépondérantes. Chaque heure de classe était coupée d’une récréation de 10 minutes environ. 
Jusqu’au milieu du 20è siècle, il y a eu un réfectoire réservé aux internes, pour leurs repas, qui débutaient à 12h30 et 19h.   
Jusque dans les années 1960, un jour de congé coupait la semaine : le jeudi, qui a donné l’expression maintenant désuète « semaine des 4 jeudis », c'est-à-dire semaine de vacances



1962 – Classe de mathématiques avec M. Henry à droite 
Au premier plan, Vo Van Truong, et Vinh Tung un peu caché


ENTREE EN CLASSE ET DEBUT DU COURS

Au moment d’entrer en classe, et des années 1920 aux années 1960, les élèves se mettaient en rang (2 par 2), le professeur les regardait entrer, puis pénétrait lui-même dans la salle. Jusqu’’à la fin des années 1950, il faisait ensuite l’appel nominatif des élèves pour éviter les cas d’école buissonnière. 
A partir de la fin des années 1950, l’appel n’était plus fait, mais le cahier de classe notant les absences était rempli par un élève, en général un « bon élève », responsabilité parfois assumée avec réticence (les « copains » pouvaient l’inciter à ne pas noter leur absence…) par peur de vengeance, pas méchante au demeurant.

SORTIE DES CLASSES PRIMAIRES

La sortie des élèves des classes primaires (« Petit lycée ») se faisait, jusqu’au début des années 1960, en rangs 2 par 2 sous le contrôle du professeur ; seuls les élèves des classes secondaires sortaient non groupés.

TRAVAIL ET ETUDES

Les élèves travaillaient vraiment sauf pour certains cas notoires, pour une raison simple: depuis la suppression des concours triennaux de recrutement de mandarins en 1919, seul l’enseignement moderne de type occidental était resté. Aussi les élèves des grands lycées au Vietnam étaient-ils sinon obsédés par leurs études, en tout cas extrêmement « poussés » par leurs parents, au minimum jusqu’à l’obtention du baccalauréat, encore très prestigieux à l’époque 1920-1945. Le nouveau bachelier (« Ông Tu’ ») était respecté, et certain de trouver immédiatement du travail bien mieux rémunéré. Malheureusement et jusqu’en 1940, l’équivalence de salaire au niveau local (indochinois) n’était pas reconnue, à diplôme égal. Ce n’est que sous le governorat de l’amiral Decoux (Juin 1940-Mars 1945) que les autorités coloniales reconnurent cette équivalence, par nécessité politique, et par manque de cadres en provenance de France. 
Jusqu’en 1954, le seul lieu où l’on pouvait faire des études supérieures à part Hanoï qui disposait d’une université était la France. Très peu nombreux (il y avait quelques centaines de bacheliers par an pour l’ensemble du pays) étaient ceux qui pouvaient le faire, avec ou sans bourse d’études. Ce ne sera qu’à partir de la fin de la 2è guerre mondiale que les bacheliers de Chasseloup-Laubat puis de JeanJacques Rousseau pourront aller en nombre (une centaine par an en moyenne) à l’université de Hà Nôi puis à celle de Saïgon, ou à l’étranger.   


Chasseloup-Laubat 1947 – basket ball au stade Richaud


PUNITIONS

Elles étaient identiques à celles de tous les lycées français de par le monde: le fautif recevait des coups de règle sur les doigts (jusque dans les années 1920), allait en « consigne », recevait un avertissement, ou – sanction grave – était exclu du lycée temporairement ou pour toujours. Dans les classes primaires et jusque dans les années 40, l’élève fautif était « mis au piquet »: placé dans un coin de la salle, le visage vers le mur. Certains professeurs « vieux jeu » ajoutaient un « bonnet d’âne » sur la tête du puni en ce temps-là. La consigne (venir pour 2 ou 3 heures au lycée en fin de semaine, avec un devoir à faire), appelée également « retenue », était source de problèmes pour l’élève puni : il se faisait copieusement réprimander par ses parents. Les élèves en retenue au lycée l’étaient sous le contrôle d’un surveillant (« le pion ») qui, selon le cas, était tolérant ou extrêmement rigoureux.


RECOMPENSES
Elles étaient mensuelles et remises par le proviseur ou le censeur (avec des tableaux d’honneur, des satisfecits, des félicitations) et annuelles, avec la « distribution solennelle des prix » à laquelle les parents assistaient toujours, et toujours présidée par un grand personnage local : le maire, ou le gouverneur de la Cochinchine (jusqu’en 1945) ou son représentant. 
La distribution des prix de notre lycée ayant eu le plus d’éclat après la 2è guerre mondiale a été présidée le 11 Juillet 1951 par le général De Lattre de Tassigny, alors Haut-Commissaire de France au Vietnam. Les prix (ceux d’excellence étaient toujours donnés au nom des souverains des pays de l’’Indochine) étaient majoritairement composés de livres toujours instructifs et qui faisaient la fierté des récipiendaires, même si le sujet pouvait paraître rébarbatif. Mais la vraie récompense pour ceux pouvant faire des études supérieures était leur « Carnet scolaire », qui déterminait à l’époque leur entrée dans les universités ou aux classes préparatoires aux Grandes Ecoles et universités de France, ou à l’Université de Hà Nôi, jusqu’en 1954 puis à l’Université de Saigon dans les années 1950-1960, ou les universités américaines à partir des années 1960; ce dernier cas est resté assez peu fréquent pour les élèves de notre lycée jusqu’aux années 1960.


Carnet scolaire de Nguyên So Dong, élève de terminale mathématiques élémentaires année 1957-1958, dédié à M. Pouvatchy professeur de mathématiques, avec une dédicace de ce dernier en 2006

RECREATIONS

Jusqu’en 1957, la récréation était signalée par un tam-tam installé près de la porte des bicyclettes/ vélomoteurs, sur la rue Testard (Vo Van Tân), remplacé cette année-là par une sonnerie électrique. 
A chaque heure de cours (en fait une période de 55 minutes) correspondait une récréation de 10 minutes, mise à profit pour jouer, se sustenter (des élèves apportaient un petit sandwich dans leur cartable pour leur « 10 heures »), ou aller aux toilettes. Parmi les jeux dans la cour de récréation : le volant (« da câu »), les combats de grillons, les avions de papier ou en bois de balsa, les billes, le ballon prisonnier, etc. 
La récréation permettait également - des années 1950 aux années 1960 - d’acheter un petit sandwich à la buvette installée dans le préau en face de la salle de musique, bâtiment séparant les 2 cours de récréation,  maintenant reconstruit. Le sandwich pouvait être accompagné d’une boisson au sirop, vendue par la même buvette en général dans des bouteilles de salsepareille (xa xi) de la BGI – Brasseries et Glacières de l’Indochine.

INTERROGATIONS ECRITES

C’était des « examens à blanc » mensuels permettant de contrôler la valeur réelle des élèves, et ces derniers en étaient conscients : nul ancien élève ne peut nier avoir eu peur de ces interrogations écrites, que ce soit sous la houlette dans les années 1950-60 de MM Pouvatchy, Bourbonneux, Tissier, Michel, Civadier ou celle de Mmes Bréant, Cervetti, Moulin et autres professeurs. Ces interrogations écrites déterminaient le classement mensuel des élèves, et l’obtention des tableaux d’honneur/félicitations. 


Lycée Chasseloup- Laubat, 1947 – Grimpée à la corde stade Richaud 


LES RESULTATS DU BACCALAUREAT

La publication des résultats du baccalauréat tenait énervé tout le monde : parents et élèves. Elle se faisait sous 3 formes d’affichage et la remise d’un document: 
-  affichage des noms des reçus au lycée-même, derrière les grilles de l’entrée principale, rue Hông Thâp Tu ; cris de joie ou larmes ; les reçus enfourchaient leur vélos et rentraient précipitamment annoncer la nouvelle à la maison,
-  achat ensuite du Journal d’Extrême-Orient le jour suivant pour y relire les noms des reçus,
-  affichage , après, des résultats sur les tableaux d’affichage du service culturel de l’ambassade de France, - réception d’une attestation au même service culturel.


Résultats du « bac » de 1971 publiés au Journal d’Extrême-Orient

EDUCATION PHYSIQUE

Communément appelée « gymnastique » jusqu’aux années 1950, elle se déroulait selon le cas dans la cour des classes secondaires (course à petit pas autour de la cour, exercices de respiration et d’élongation, mouvements du corps), ou au petit stade Richaud jouxtant le lycée et situé entre la rue du Général de Gaulle
(rue Cong Ly en 1955, puis Nam Ky Khoi Nghia en 1975)  et la rue Pellerin (rue Pasteur), au nord de la rue Testard (Trân Quy Cap puis Vo Van Tân) ; les élèves ne venaient au stade que pour les exercices d’athlétisme : saut en hauteur et en longueur, grimpée à la corde, anneaux, cheval d’arçon, et course de 100 mètres ou de 500 mètres ; les élèves se changeaient sur place.


JEUX ET PLAISIRS

Du temps où l’internat existait encore, le plaisir était de revenir au lycée le soir de la sortie du dimanche, avec plein de friandises et même des cigarettes (!), que les élèves cachaient dans les tiroirs.
                       

Les élèves se donnaient souvent rendez-vous bien avant l’heure d’entrée au lycée, entre autres au pied du monument aux morts (maintenant détruit) de la place Joffre près du lycée, pour jouer soit au ballon prisonnier, soit au volant (« da câu »).
Dans les années 1950 et 1960, ceux ayant de l’argent de poche pouvaient consommer un petit bol de boulettes de boeuf au bouillon (bo`viên), du banh cuôn, ou même une soupe chinoise (mi`) sur la rueTestard (actuellement Vo Van Tân), au coin de la rue Eyriaud des Vergnes (actuelle rue Trân Quôc Tha²o), et nos camarades français n’y étaient pas les derniers. 
Un plaisir devenu régulier à partir des années 50 était d’enfourcher les bicyclettes/vélomoteurs et d’aller faire le tour du lycée de jeunes filles Marie Curie tout proche afin d’y regarder nos camarades filles. 
Plaisir d’autant plus annonciateur qu’au final, le nombre très élevé d’anciens de Chasseloup-Laubat/Jean-Jacques Rousseau épousant plus tard des anciennes de Marie Curie est visible lors des réunions actuelles d’anciens des 2 lycées. 
1962– en attendant de rentrer en classe           
Cette vie au lycée aura été finalement simple et studieuse, indépendamment des circonstances historiques ; peut-être est-ce la raison pour laquelle les anciens élèves l’idéalisent quelque peu dans leurs souvenirs.

                                                                                                                                                                                                                             GNCD

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